Mélissandre : « Les filles aussi peuvent s’épanouir dans l’informatique ! »

  • Publié le 10 septembre 2020
  • Mis à jour le 18 septembre 2020
  • digiSchool
Mélissandre est en cinquième année dans une grande école d’ingénieurs en informatique à Paris. Au fil de son parcours, elle s’est spécialisée dans le big data. Un cursus où les femmes sont encore trop peu représentées, mais dans lequel elle a trouvé sa place.
filles informatique

Article initialement publié le 20/01/20.

Article rédigé en partenariat avec Puissance Alpha.

« En cinquième et dernière année dans une grande école d’ingénieurs en informatique à Paris, j’ai choisi de me spécialiser dans le big data. J’ai découvert la gestion de données massives au fil de mon parcours et j’adore ! Au quotidien, j’extrais des données, chiffrées ou non, et je les analyse afin de les rendre lisibles du grand public. En cours, nous travaillons notamment à l’aide des données de la SNCF ou du grand débat national disponibles en open data. C’est passionnant, et pas si technique qu’on pourrait le penser. Une école d’ingénieurs n’est pas ouverte qu’aux cracks en informatique !

Quand je suis entrée à l’école, j’avais pour seul bagage scientifique les cours de maths et d’option de première et terminale. J’avais aussi choisi une section européenne anglais-maths, mais je n’avais manié que quelques algorithmes, rien de plus. En prépa intégrée, j’avais encore le nez dans les probabilités, les statistiques, la physique… Ce n’est qu’en première année de cycle ingénieur que j’ai vraiment commencé à explorer l’électronique et l’informatique. Moi qui n’avais quasiment aucune connaissance dans ces domaines, j’ai rapidement été séduite par ce dernier. J’ai découvert de nouveaux langages avec lesquels j’ai vite été à l’aise. Grâce à mes cours, mais aussi grâce aux nombreux professionnels que j’ai sollicités au gré de stages ou autre pour connaître leur métier. Très concrètement, je leur ai demandé quelles étaient leurs missions, et je me suis projetée.

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À bas les préjugés sur l’informatique !

Pourtant, plus jeune, je voulais devenir pilote de ligne ! Je voyais ça comme une sorte de challenge. Être dans le ciel tous les jours, je trouvais (et trouve encore) ça fascinant !  Mais j’ai eu peur que les débouchés soient faibles. J’ai préféré jouer la sécurité et me détourner de l’École nationale d’aviation civile que j’avais un temps envisagée. Je voulais m’ouvrir le plus de portes possibles, alors j’ai passé le concours Puissance 11 (aujourd’hui Puissance Alpha) et intégré mon école d’ingénieurs. J’avais tout aimé de cette école découverte sur un salon : le corps enseignant, la vie associative, le campus, la formation… J’ai fait mes trois premières années à Angers, la quatrième à Hong-Kong, en cursus bi-diplômant, puis j’ai rejoint le site parisien de l’école cette année.

Dans ma classe, il y a quatre filles et quatorze garçons. En prépa, nous étions quatre filles sur quarante-cinq élèves ! Mais je trouve qu’on accorde trop de place aux préjugés. L’informatique n’est pas une filière mixte, les chiffres le montrent, mais ce n’est pas pour cela que les filles ne peuvent pas s’y épanouir. Dans mon lycée, certaines élèves s’autocensuraient, en pensant que les écoles d’ingénieurs n’étaient réservées qu’aux garçons… ou aux geeks ! Beaucoup avaient peur de l’image qu’elles allaient renvoyer si elles s’engageaient dans un tel parcours. Moi, je me fiche bien des idées reçues et je suis plutôt agréablement surprise ! Comme nous sommes peu nombreuses, tout le monde nous connaît ! Sur les bancs de l’école, je me considère avant tout comme une élève ingénieure, au même titre que les autres étudiants ! Je travaille avec l’ensemble de la promotion. Je trouve d’ailleurs qu’il est parfois plus facile de collaborer avec des garçons !

Voir aussi : Victoria, ingénieure aérospatiale engagée pour l’égalité

Consultante spécialisée en data-viz

Chez Wavestone, où je suis en contrat pro depuis la rentrée dernière, les équipes sont mixtes. À partir de janvier, je serai à temps plein dans ce cabinet de consulting indépendant où je ne suis pas considérée comme une junior ! Au sein de l’entité « IT et data architecture », je travaille notamment sur de la data visualisation, ou comment transformer en dashboard (graphique) une base de données pour en extraire le plus d’informations possible et permettre à nos clients de prendre des décisions en fonction. Je suis très créative, j’adore l’exercice !

En ce moment, je propose également des formations aux consultants du cabinet autour d’un nouvel outil. J’ai monté ces sessions de deux heures de toute pièce. J’ai déjà formé quinze personnes et les retours sont très positifs. Certains sont seniors, mais je ne regarde pas les âges de chacun, je prends cette mission comme un défi !

Entre trois et cinq offres d’emploi par semaine via Linkedin 

Après mon diplôme, je poursuivrai peut-être chez Wavestone. Lors de ma recherche d’entreprises, j’avais attentivement regardé leurs politiques d’embauche après une alternance. C’est d’ailleurs une modalité que je recommande sans hésiter ! Au-delà de l’aspect financier, on acquiert une expérience professionnelle incroyable !

J’ai envoyé toutes mes candidatures depuis Hong-Kong et j’ai décroché trois réponses positives ! A l’issue, les apprentis cumulent une année d’expérience là où les autres élèves ne font que six mois de stage. On est connecté au terrain, et capables de s’adapter en permanence ; les employeurs y sont sensibles.

Si demain, je décide de changer de job, j’ai des dizaines d’opportunités qui m’attendent. Honnêtement, je reçois entre trois et cinq offres d’emploi par semaine via LinkedIn. Les étudiants qui me lisent aujourd’hui peuvent d’ailleurs me faire passer leurs CV s’ils cherchent des stages, des alternances, même des CDI ! La France manque d’ingénieurs, notamment dans l’informatique ! Alors à bas les idées reçues, foncez ! »

Voir aussi : Quelles sont les soft skills à cultiver pour devenir ingénieur ?
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