Séjour linguistique : la bonne démarche
Article parents
, publié le 16/11/06.
Par Aude Berviller - Lu 18420 fois.
En résumé : Des témoignages d'expériences de séjours linguistiques.
La bonne démarche
Entre les séjours concluants, les doutes ou les déceptions, les avis sont partagés.
Anne-Sophie (troisième) est revenue de Barcelone enchantée: les cours du matin lui ont permis de boucler le programme du collège et les visites guidées de l'après-midi de découvrir l'Espagne tout en perfectionnant son accent. Elle a été très concentrée en classe, s'est efforcée d'aller à la rencontre des autres pour s'exprimer oralement.
À l’inverse, Sébastien (première) a mal supporté son immersion d'un mois dans une famille allemande: les gens étaient gentils mais habitaient une ferme isolée, loin de la ville, et il a passé son temps devant la télévision alors qu'il aurait voulu « s'éclater en boîte ». N'aurait-il pas confondu son séjour avec un voyage d'agrément?
Les parents de Clovis (quatrième) regrettent de leur côté que le stage d'été tennis-anglais dans un collège de la région d'Oxford n'ait pas comblé les lacunes de leur fils. Ils doivent comprendre néanmoins que s'il avait de réelles difficultés, quelques heures de cours entre deux matches ne pouvaient pas suffire.
Quant à la maman de Valentine (terminale), elle n'a accepté de laisser partir sa fille en Australie qu'à condition qu'elle ne quitte jamais son groupe francophone. Comment envisager de réels progrès dans ces conditions?
Car la réussite d'un séjour linguistique dépend du respect de deux règles de base: d'une part la motivation, d'autre part l' adaptation.
D'abord, inutile d'envoyer un enfant à l'étranger contre son gré. Il sera malheureux. Il risque de faire un blocage ou de mal se comporter. Il est préférable de s'interroger sur les raisons du refus: manque de maturité, peur de voyager sans ses parents ou rejet de la langue. Ensuite, qui dit autre pays, dit autre mode de vie, autre famille, autres m½urs: âge minimum pour consommer de l'alcool, heures des repas... Il faut les accepter, les respecter.
Trop de jeunes ont tendance à se sentir en « terrain conquis ». Il est inadmissible de considérer une famille d'accueil comme un hôtel trois étoiles ou une annexe de la maison. Au total, seul un participant vraiment décidé à fournir des efforts pour s'investir, s'exprimer et surmonter la barrière de la langue pourra tirer un réel profit linguistique d'une expérience à l'étranger.
Par ailleurs, les résultats sont rarement immédiats. On ne revient pas subitement bilingue après un séjour de quelques semaines. Il faudra continuer de travailler en classe ou repartir encore plusieurs fois. Après tout, les voyages forment la jeunesse!
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